Anna Kendrick France

EST 2013 | your French source for all things Anna Kendrick
12/18/2016

Découvrez la traduction de l’interview d’Anna pour l’édition du magazine « Flare » pour cet Hiver. Merci de créditer le travail de Julia si vous l’emprunter!

«C’est une journée ensoleillée ordinaire à L.A., et je suis assise sur un divan au Milk Studios, déblatérant sur notre très féminine couverture du mois Anna Kendrick. La petite et guillerette actrice porte uen robe lavande à volants et des Louboutins rose poudré. Ça donne un peu mal à la tête, jusqu’à ce que Kendrick ne vienne se présenter et n’effleure mon avant bras du bout de ses ongles roses : un petit geste à la fois étrange et drôle. Je suis sur le point de découvrir que c’est l’un des paramètres principaux de Kendrick.

Mais d’abord, la biographie obligatoire. Kendrick est une ancienne enfant star nominée aux Tony, qui a tourné Camp, son premier film, l’été précédant son entrée en terminale. Elle y incarne une paria aux cheveux frisés, Fritzi; le film (une comédie sur des camps d’été musicaux) a échoué au box office mais a developpé un fanatisme chez les théâtreux. C’était aussi la première fois que Kendrick jouait une adorable zarbi, le genre de rôle qu’elle incarne si bien depuis. Sa première révélation majeure est arrivée six ans après Camp, dans le drame sur les licenciements de 209, Up in the Air, avec George Clooney. Son interprétation de Natalie Keener (une genre d’automate mettant en place un système pour renvoyer des employés via vidéo conférence, mais finit par fondre en larme sur l’épaule de Clooney après avoir reçu un texto de rupture) lui a valu une nomination pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin. Elle n’a pas arrêté de travailler depuis, tournant plusieurs productions indépendantes (ce qui lui a permis de rencontrer son supposé compagnon, le cinématographe britannique Ben Richardson, sur les plateaux du roi du mumblecore Joe Swanberg, Happy Christmas et Drinking Buddies) et des films de studio (Into the Woods, la franchise Pitch Perfect, Mike and Dave Need Wedding Dates). Là tout de suite, elle a deux films en salle : The Accountant, dans lequel elle incarne une consultante financière face à Ben Affleck, et le blockbuster d’animation, Trolls (elle double un des personnages principaux).

Le 15 novembre, Kendrick a dévoilé son travail le plus personnel à ce jour : un mémoire, au titre approprié et bizarre, Scrappy Little Nobody (Touchstone, 35$). Cela retrace ses débuts des productions théâtrales locales aux Barden Bellas, et au premier abord, on penserait qu’il n’y aura pas beaucoup de surprises, en dehors du fait que le livre ne contienne qu’une seule liste. (“Je pensais que j’étais supposée faire des listes, alors j’en ai ramené quelques unes,” raconte Kendrick de cet échantillon de son mémoire. “Mais mon éditeur m’a dit, ‘Tu sais, tu n’as pas besoin d’en mettre plus.‘”) Il est tentant d’écrire que Kendrick n’est qu’une actrice célèbre de plus à avoir conclut un accord pour la publication d’un livre parce qu’elle est fameuse sur Twitter. Mais comme la plupart de ses meilleurs tweets (“Cuisiner pour une personne ça craint, peu importe la quantité des portions, j’ai l’impression de gaspiller de la nourriture. En plus je suis toute seule.”), il y a de la profondeur, plus précisément dans les chapitres où elle aborde la célébrité, le sexe et le sentiment d’être une paria.

Quand Kendrick était en CE1, elle avait dit à sa mère qu’elle était différente des autres filles : “C’est comme, c’est comme si j’avais un cœur différent. Les autres filles ont un genre en particulier, et moi j’en ai un autre.” C’est une belle ligne, peut-être même la meilleure du livre, et donne l’idée la plus claire possible de l’éthique de Kendrick : fais comme tu veux. Oui, Pitch Perfect 2 a engendré 286 millions $, mais elle continue de rouler dans une Prius qui a bien vécu et porte des sandales Dr. Scholl.

Kendrick a grandi dans une milieu modeste dans le Maine ; sa mère était comptable, et son père professeur. Après avoir fait ses preuves dans le théâtre local, elle a un agent à 10 ans (elle a signé après avoir déclamé “Tomorrow” d’Annie) et a commencé à voyager à New York pour passer des auditions. A 12 ans, elle faisait le trajet de six heures de bus avec son frère de 14 ans pour que ses parents ne ratent pas le travail. Lors de sa première représentation théâtrale, qui a nécessité qu’elle déménage temporairement à New York avec son père, le duo joignait difficilement les deux bouts, jusqu’au point où son père avait du demander une misérable augmentation au producteur de la pièce pour rester à flots.

La vie à Los Angeles, où Kendrick a déménagé quand elle avait 17 ans, était tout aussi difficile au début. Ce qui a ajouté à la folie de sa situation quand elle a démarré une tournée promotionnelle de six mois pour Up in the Air, qu’elle se remémore dans le chapitre le plus chargé du livre. “Je ne voulais pas écrire les trucs sur Up in the Air,” confie Kendrick. “Ca avait l’air honteux.” Pendant cette période, Kendrick voyageait à travers le monde, séjournant dans des hôtels payés par la production, portant des vêtements qu’on lui prêtait et rentrant à l’occasion dormir chez elle dans son lit Ikea dans l’appartement qu’elle partageait avec deux colocataires. (Elle a un jour demandé à Paramount si elle pouvait dormir dans des hôtels moins chers et garder pour elle la différence. La studio a dit non.) En dépit du succès du film, elle était fauchée et contrainte et forcée d’afficher un “mode concours.”

Kendrick a finit par inclure ce chapitre parce qu’elle voulait éclaircir l’écart qui existe entre “la vraie vie et la fausse vie” d’un acteur, mais elle réalise qu’elle aurait pu subir des reproches concernant son privilège actuel. “Il y a tellement de personnes qui sont dans le business d’être en rogne,,” dit-elle en se référant à l’incessant flux de retour nourrissant les réseaux sociaux. Ceci était dit, elle adore Twitter, et ses mini bombes de 140 caractères lui ont obtenu la rédaction d’un article pour Vogue qui a mené plus tard à son contrat sur son livre.

Twitter a juste une énergie beaucoup plus négative [que Instagram], c’est pour ça que je m’y sens plus à l’aise,” explique-t-elle. Ses dépêches (“Cet instant où ça fait un moment que tu t’es pas rasé les jambes et où tu décides d’attendre un peu pour te faire épiler, mais que tu ne le fais pas non plus” et “J’ai passé la matinée à me ronger les ongles jusqu’à la moelle. Pourquoi personne ne m’a encore contactée pour démarrer un blog sur des modes de vie sains ?”) sont presque innocentes. Le fait de pouvoir vraiment imaginer Kendrick avec des jambes velues et des ongles rongés en dit long sur sa légitimité en tant que Everygirl.

Scrappy Little Nobody est une conversation honnête tout le long, explorant des sujets qui pourraient rester hors de contexte de la part d’autres stars. Par exemple, elle ne pense pas vouloir devenir mère : “J’ai l’impression que peut-être la planète va exploser dans 40 ans ? J’accepte ça, mais je veux savoir si ça arrivera avant que j’aie des enfants.” Et elle a aussi fumé une quantité non négligeable de cannabis. “Je me demandais, Oh, est-ce que ça serait un problème de le mentionner ?” raconte Kendrick. “Mais c’est quelque chose que dont presque tous les comédiens parlent ouvertement.” Pour info, elle adorait être shootée et… cuisiner ? Pas exactement des classiques après avoir fini l’école. “Se concentrer sur les mesures, le mixage ou d’autres trucs du genre rendaient mon cerveau si heureux,” dit-elle, après avoir lâché cette information d’un ton monocorde : “C’est comme si vous cerveau avait été un vase, et que c’était le parfait niveau de remplissage.”

La vie sexuelle de Kendrick est également ouverte à débat, comme démontré dans un chapitre où elle raconte la perte de sa virginité à 19 ans, après avoir consulté préalablement un manuel sexuel acheté dans une boutique de West Hollywood. “Enfin, ce n’était pas, genre, bien porté,” précise-t-elle quand je m’émerveille du fait qu’elle ait acheté un manuel de sexe déjà utilisé. “Il était urgent pour moi de découvrir comment devenir intime avec quelqu’un.

Un autre extrait parle d’un moment de sa vie où elle était obsédée par le nombre d’hommes avec qui elle avait couché (et ce qu’elle devait dire ou pas quand on lui posait cette question). “Quand tu as 22 ans, on dirait qu’il y a un idéal que tu es supposée atteindre, mais personne ne te dira lequel,” explique-t-elle. “C’est totalement arbitraire, certaines personnes penseront que c’est bon, d’autres non.” Je suggère que cette préoccupation semble pittoresque à l’heure de shows consacrés au sexe animés par des femmes, comme Inside Amy Schumer et Broad City. “Une fille qui célèbre le fait qu’une de ses amies est en train de s’envoyer en l’air, c’est le paradis,” Kendrick répond instantanément, se référant à l’épisode de Broad CityAbbi utilise une sangle, avant de s’autoproclamer fan de Dan Savage.

Ce sont précisément le genre de commentaires que Kendrick a du passer sous silence pendant la promotion de Up in the Air. Pendant six longs et difficiles mois, elle devait repenser à deux fois à chacun de ses mots quand elle s’adressait à une foule de journalistes (et terminait par raconter des trucs bizarres à des gens croisés au hasard, de toute façon, racontant son dernier rêve érotique ou sa peur de la mort). Ça craint. “Devoir effacer certains aspects étranges ou morbides de ma personnalité pendant quelques mois m’a rendue folle,” dit-elle. “J’avais peur de laisser tomber les gens si je me comportais comme moi-même.” Comme on l’a vu, se comporter comme Anna Kendrick (zéro affectation, sens de l’humour légèrement tordu), est ce qui la différencie des autres beautés fades qui pullulent à Hollywood.

De retour à Milk Studios, il est presque temps de remballer. Pendant que nous discutions, l’équipe beauté de Kendrick a travaillé à l’envers. Elle a été défroquée, ses ondulations lissées et son maquillage retiré. Tout ce qui reste, c’est le vernis à ongle… pour l’instant. “Je vais retrouver un gars qui est un peu, même pour moi, pointilleux, et je veux pas lui faire peur avec de la mode,” explique Kendrick, examinant ses ongles. Elle sourit. “Je l’enlèverais sûrement sur le chemin.”»

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